Plongée au cœur de ma palette intérieure

L'inspiration derrière chaque touche
On dit souvent qu'un artiste choisit ses couleurs.
Moi, j'ai longtemps cru que ce sont elles qui me choisissaient.
Chaque teinte, chaque nuance venait vers moi comme l' écho d'une émotion que je portais sans vraiment savoir la nommer.
Avec le temps, j'ai compris que ma palette n'était pas seulement un ensemble de pigments. C'était mon histoire intérieure.
Ma mémoire intime. Un langage secret que je parle depuis toujours.

Le bleu : mes respirations
Le bleu a souvent été ma première, ma plus fidèle couleur. Il représente mes instants de calme, mes profondeurs, mes questions silencieuses.
C'est la couleur de mes nuits, de mes intuitions, de mes recommencements. Dans mes bleus, il y'a ma pudeur, mais aussi ma liberté.
Le rouge: mes élans
Le rouge, je l'ai pas toujours apprivoisé. Il me faisait peur, car il expose ce que j'ai longtemps voulu contenir:
La passion, la force, la colère parfois, le désir d'exister tout entier.
Mais quand j'ai osé le laisser entrer sur mes toiles, il m'a appris quelque chose de précieux.
Ma sensibilité n'était pas une fragilité, mais une intensité.
Le jaune: mes lueurs
Le jaune est venu plus tard, comme un rayon qui trouve un chemin même dans les ombres épaisses.
C'est une couleur qui guérit. Elle me rappelle que malgré les tempêtes, la lumière revient toujours, même timidement.
Mes jaunes racontent mes renaissances, ces moments où je me retrouve après m'être perdue.
Le noir: ma vérité
Le noir n'est pas absence.
Il est profondeur, il est protection. Quand je peins avec du noir, je ne raconte pas la fin mais le début:
Le point où l'on se recentre, où l'on retourne à soi.
C'est une couleur qui dit ce que je ne peux pas toujours avouer.
Les mélanges: ce que je deviens
Et puis il y a ces nuances que je crée sans y penser:
les bleus qui flirtent avec les gris, les rouges qui s'adoucissent en terre, les jaunes qui se fondent dans l'ocre.
Ces mélanges sont le reflet de mes transitions, de mes apprentissages, de mes couches intérieures qui se superposent comme celles d'une toile.
Ma palette intérieure n'est pas figée. Elle change avec moi, au rythme de mes saisons, de mes doutes , de mes combats, de mes maturités nouvelles.
A cinquante- six ans, je sais que chaque couleur utilisée porte mon histoire, mais aussi ce que je suis entrain de devenir.
Peindre, c'est écouter mes couleurs avant de m'écouter moi.
C'est leur faire confiance pour dire ce que mes mots n'osent pas toujours formuler. C'est mettre au jour cette part de moi que je ne révèle qu'à travers la toile.
J'ai compris que mes couleurs me sauvérent plus d'une fois. Elles disent tout ce que j'ai vécu, tout ce que j'ai ressenti, tout ce que j'ai appris à accepter. Elles sont mon miroir.
Mon refuge.
Et parfois ma confession .

Une invitation à ressentir
Mon souhait le plus cher est que mes œuvres résonnent en vous, qu'elles éveillent des émotions oubliées ou de nouvelles perspectives. 'Ma palette intérieure' est une exploration de l'humain, une célébration de la vulnérabilité et de la force. Que retiendrez-vous de ce voyage visuel ?